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La célébration de la quinzième nuit du mois de Sha’baan

jeudi 24 août 2006, par Sounna

Louange à Allah qui a parachevé pour nous la religion, et qui a parfait pour nous le bienfait. Bénédiction et paix soient sur Son Prophète et Messager Muhammad, prophète du repentir et de la clémence.

En outre : Allah le Très Haut a dit : "Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J’agrée l’Islam comme religion pour vous" [1].

Il a aussi dit : "Ou bien auraient-ils des associés [à Allah] qui auraient établi pour eux des lois religieuses qu’Allah n’a jamais permises ?" [2]

On trouve dans les deux Sahîh ce hadith rapporté par "’Âishah - qu’Allah l’agrée - d’après le Prophète صلى الله عليه وسلم : Quiconque innove dans notre affaire (la religion) une chose qui n’en fait pas partie, elle sera alors rejetée".

Dans le recueil authentique de Muslim, Djâbir - qu’Allah l’agrée - rapporte du Prophète صلى الله عليه وسلم qu’il avait l’habitude de dire durant le sermon de Vendredi : "En outre, la meilleure des paroles est le livre d’Allah, et la meilleure des voies est la voie de Muhammad صلى الله عليه وسلم. Les pires choses sont celles nouvellement inventées, et toute innovation est un égarement".

Et les versets et hadiths allant dans ce sens sont nombreux, indiquant tous de façon claire qu’Allah - Exalté et Glorifié soit-Il - a parachevé pour cette communauté sa religion, et a parfait Son bienfait pour elle. De plus, Son Prophète صلى الله عليه وسلم ne s’est éteint qu’après avoir transmis le message de façon claire, et éclairci pour toute la comunauté ce qu’Allah a légiféré pour elle, qu’il s’agisse de propos ou d’actes. En outre, le Prophète صلى الله عليه وسلم a clairement établi que tout ce que les gens inventeront après lui, et attribueront à la religion de l’Islam - qu’il s’agisse de propos ou d’actes - est considéré comme une innovation rejetée vers celui qui l’a inventée, même si son intention était bonne.

Et les compagnons du Prophète صلى الله عليه وسلم étaient conscients de cela, de même que les Savants de l’Islam. Ils ont donc condamné les innovations et mis en garde contre elles. Et cela a été relaté par tous ceux qui ont écrit des livres au sujet de la vénération de la Sounna et de la condamnation de l’innovation, comme Ibn Waddâh, At-Tartûshî, Abû Shâmah et d’autres.

Parmi les innovations que commettent certaines gens, on compte la célébration de la quinzième nuit de Sha’bân, et le jeûne de sa journée spécifiquement. Or il n’existe pas de preuve sur laquelle il est permis de se baser à ce sujet, bien qu’il ait été rapporté des hadiths faibles - qu’il n’est pas permis d’utiliser comme argument - au sujet de son mérite. Quant à ce qui a été rapporté (comme hadiths) concernant le mérite de la prière cette nuit-là, ils sont tous forgés, ainsi que l’a explicité beaucoup de savants. Nous citerons d’ailleurs certaines de leurs paroles, in shâ Allah.

Enfin, certaines choses ont été rapportées au sujet du mérite de la prière durant cette nuit de la part de certains Salaf de la région du Shâm. Quoi qu’il en soit, l’avis consensuel de la majorité des savants est que la célébration de cette nuit est une innovation, et que les hadiths relatés à ce sujet sont tous faibles, voire forgés pour certains. Parmi les savants qui ont cité cela, on trouve Al-Hâfidh Ibn Radjab dans son oeuvre intitulée (Latâif Al-Ma’ârif), mais d’autres savants aussi.

Quant à la possibilité d’accomplir des adorations en se basant sur des hadiths faibles, cela n’est permis que lorsque des preuves authentiques ont été rapporté au sujet de ces adorations. Or, pour ce qui est de la célébration de la quinzième nuit de Sha’bân, il n’y a même pas de preuve authentique à ce sujet permettant de renforcer l’argumentation à l’aide de hadiths faibles.

Cette précieuse règle a été citée par l’Imâm Abul-’Abbâs Cheikh Al-Islâm Ibn Taymiah - qu’Allah lui fasse miséricorde. Je vais donc te citer, cher lecteur, ce qu’ont dit certains savants à ce sujet, afin que les choses t’apparaissent clairement.

Et les savants - qu’Allah leur fasse miséricorde - sont unanimes pour affirmer que notre devoir vis-à-vis des questions sujettes à divergence est de les ramener au Livre d’Allah - Glorifié et Exalté soit-Il - et à la Sounna du Prophète صلى الله عليه وسلم. Le jugement découlant de ces deux sources ou de l’une d’entre elles est alors la loi qu’il est obligatoire de suivre. Quant à ce qui les contredit, il est obligatoire de le rejeter. Et toute adoration qui n’est pas citée dans le Coran ou la Sounna est une innovation qu’il n’est pas permis de pratiquer, et encore moins d’y inviter les gens et de les encourager à la faire.

Ceci est en conformité avec la parole d’Allah - Glorifié soit-Il - dans la sourate An-Nisâ : " Ô les croyants ! Obéissez à Allah, et obéissez au Messager et à ceux d’entre vous qui détiennent le commandement. Puis, si vous vous disputez en quoi que ce soit, renvoyez-là à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Ce sera bien mieux et de meilleur interprétation (et aboutissement)." [3]

Allah le Très Haut a aussi dit : "Sur toutes vos divergences, le jugement appartient à Allah" [4]

Il a aussi dit : "Dis : Si vous aimez vraiment Allah, suivez-moi, Allah vous aimera alors et vous pardonnera vos péchés" [5]

Il a aussi dit - Glorifié et Exalté soit-Il - : "Non !... Par ton Seigneur ! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu’ils ne t’auront demandé de juger de leurs disputes et qu’ils n’auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu auras décidé, et qu’ils se soumettent complètement [à ta sentence]. " [6]. Et les versets allant dans ce sens sont nombreux. Tous indiquent l’obligation de ramener les questions sujettes à divergence au jugement du Livre et de la Sounna, et indiquent l’obligation d’accepter ce jugement. En effet, cela n’est que la conséquence nécessaire de la foi, un bien pour les serviteurs d’Allah dans ce bas-monde et dans l’au-delà, et un meilleur aboutissement.

Al-Hâfidh Ibn Radjab - qu’Allah lui fasse miséricorde - a dit à ce sujet dans son livre intitulé Latâif Al-Ma’ârif après d’autres propos :

"Les Tâbi’îns du Shâm - comme Khâlid ibn M’idân, Makhûl, Luqmân ibn ’Âmir et d’autres - vénéraient la quinzième nuit du mois de Sha’bân et y multipliaient les efforts d’adoration, et c’est d’eux que les gens ont déduit le mérite et la vénération de cette nuit. On dit à ce propos que des récits israëlites leur étaient parvenus à ce sujet. Lorsque la nouvelle se répandit dans les contrées [concernant les pratiques de ces tâbi’îns], les gens divergèrent. Certains acceptèrent cette pratique, et les imitèrent dans la vénération de cette nuit, comme une partie des ascètes de Basrah et d’autres. Cependant, la majorité des savants du Hidjâz condamnèrent cet acte, comme ’Atâ et Ibn Abî Mulaykah. De même, ’Abdurrahmân ibn Zeyd ibn Aslam rapporta cet avis des savants de Médine. C’est d’ailleurs l’avis des élèves de l’Imâm Mâlik, ainsi que d’autres. Tous affirmaient qu’il s’agissait en fait d’une innovation religieuse.

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Les savants du Shâm ont divergé quant à la façon de veiller cette nuit-là :

- Le premier avis stipule qu’il est conseillé de veiller cette nuit en groupe dans la mosquée. Khâlid ibn M’idân, Luqmân ibn ’Âmir et d’autres mettaient leur plus bel apparât, se parfumaient et se mettaient du khôl aux yeux. Ils veillaient ensuite toute la nuit à la mosquée. Ishâq ibn Râhawayh était d’accord avec eux à ce sujet et affirmait que veiller cette nuit en groupe à la mosquée n’était pas une innovation. Ceci a été rapporté par Al-Karmânî dans ses Masâ’il.

- Le second avis est qu’il est détestable de veiller cette nuit en groupe dans la mosquée, pour prier, raconter des récits, et invoquer Allah. En revanche, il n’est pas détestable de prier chacun pour soi dans la mosquée. Ceci est l’avis d’Al-Awzâ’î, l’Imâm des gens du Shâm, leur plus grand juriste et savant. c’est d’ailleurs cet avis qui est le plus proche de la vérité."

 

Plus loin, Ibn Radjab ajoute : "Rien n’a été rapporté de l’Imâm Ahmad concernant la quinzième nuit de Sha’bân. Cependant on peut déduire le caractère méritoire de la veillée de cette nuit à partir de ses deux avis concernant la veillée de la nuit de l’Aïd. En effet, un de ses avis stipule qu’il ne considérait pas méritoire de veiller cette nuit en groupe, car cela n’a pas été rapporté du Prophète صلى الله عليه وسلم, ni de ses compagnons. Dans sa seconde opinion, il affirme que cette veillée est méritoire, car Abdurrahmân ibn Yazîd ibn Al-Aswad la pratiquait. Or il s’agit d’un Tâbi’î. Nous pouvons donc raisonner de la même façon concernant la quinzième nuit du mois de Sha’bân, car rien n’a été authentiquement rapporté du Prophète صلى الله عليه وسلم ni de ses compagnons à ce sujet. En revanche, ceci a été rapporté d’un groupe de Tâbi’în parmi les principaux juristes du Shâm"

Fin de citation. Mention est donc faite de manière explicite dans les propos d’Ibn Radjab - qu’Allah lui fasse miséricorde - que rien n’a authentiquement été rapporté du Prophète صلى الله عليه وسلم ni de ses compagnons - qu’Allah les agrée - concernant la quinzième nuit de Sha’bân. Quant à l’opinion d’Al-Awzâ’î - qu’Allah lui fasse miséricorde -, approuvée par Ibn Radjab, stipulant qu’il est conseillé de veiller cette nuit de manière isolée, il s’agit là d’un avis singulier et faible. En effet, il n’est pas permis au musulman d’inventer une chose dans la religion d’Allah au sujet de laquelle aucune preuve n’existe quant à son caractère légal, indépendamment du fait que cette chose soit pratiquée de manière isolée ou en groupe, secrètement ou publiquement. Tout cela est déduit de la portée générale des propos suivants du Prophète صلى الله عليه وسلم : "Quiconque commet un acte au sujet duquel un ordre n’a pas été donné de notre part verra son acte rejeté.", mais aussi en raison d’autres preuves indiquant la condamnation des innovations et la mise en garde à ce sujet.

L’Imâm Abû Bakr At-Tartûshî - qu’Allah lui fasse miséricorde - a dit dans son livre intitulé "Al-Hawâdith wal Bida’" :

"Ibn Waddâh rapporte de Zeyd ibn Aslam : "Aucun de ceux que nous avons côtoyé parmi nos Maîtres et Juristes n’accordait d’importance particulière à la quinzième nuit de Sha’bân, de même qu’ils ne considéraient pas le hadith de Makhûl comme un argument valable. Pour eux, cette nuit ne se distinguait pas des autres en mérite". On dit un jour à Ibn Abî Mulaykah : "Ziâd affirme que la récompense de la quinzième nuit de Sha’bân est équivalente à celle de Laylat Al-Qadr". Il répondit : "Si je l’avais entendu prononcé ces paroles et que j’avais dans ma main un bâton, je l’aurais frappé avec". D’ailleurs, Ziâd n’était qu’un conteur". Fin de citation.

L’Imâm Ash-Shawkânî - qu’Allah lui fasse miséricorde - a dit dans son ouvrage intitulé "Al-Fawâid Al-Madjmû’ah" : "Le hadith suivant : "Ô ’Alî ! Quiconque accomplit cent unités de prière la quinzième nuit de Sha’bân, en récitant dans chaque unité la Fâtihah et "Qul huwallâhu ahad" dix fois, Allah se chargera de combler tous ses besoins" est un hadith inventé. Les termes utilisés pour décrire la récompense de celui qui accomplit cet acte ne laissent aucun doute quant au caractère apocryphe du hadith. De plus, ses rapporteurs sont inconnus. Et même si ce hadith a été rapporté selon une deuxième et une troisième chaîne de transmission, il reste cependant qu’elles sont tout autant apocryphes et leurs rapporteurs sont inconnus. On trouve dans Al-Mukhtasar : "Le hadith parlant de la quinzième nuit de Sha’bân est faux. Et le hadith rapporté par Ibn Hibbân d’après ’Alî : "Lorsqu’arrive la quinzième nuit de Sha’bân, passez-là alors la nuit en prière et jeunez de jour" est un hadith faible". On trouve dans "Al-Âlâ’î" : "Le hadith suivant rapporté par Ad-Daylamî : "Accomplir cent unités de prière la quinzième nuit de Sha’bân dix fois..." avec la description de tous ses mérites est un hadith inventé. De plus, la majorité des rapporteurs de ce hadith - et ce dans ses trois versions - sont inconnus et faibles. En outre, le hadith exhortant à prier douze unités de prière trente fois avec sincérité est un hadith inventé, de même que le hadith exhortant à en prier quatorze.

Certains juristes furent trompés par ce hadith, comme l’auteur d’Al-Ihyâ’ (Abû Hâmid Al-Ghazâlî) et d’autres. Il en est de même pour certains exégètes. Prier durant cette nuit - la 15ème nuit de Sha’bân - a été rapporté selon divers récits qui sont tous faux et inventés. Cependant, cela n’entre pas en contradiction avec ce qu’a rapporté At-Tirmidhî d’après un hadith de ’Âishah, relatant que le Prophète s’en était allé visiter les tombes du cimetière Al-Baqî’, que le Seigneur descend jusqu’au premier ciel la quinzième nuit de Sha’bân, qu’Il pardonne à un nombre de personnes plus grand encore que le nombre de poils du bétail de la tribu des Banî Kalb. En effet, nous discutons ici de cette prière inventée durant cette nuit. D’ailleurs le hadith de ’Âishah présente une certaine faiblesse et souffre d’une interruption dans sa chaîne de transmission. Il en est de même pour le hadith de ’Alî cité plus haut concernant le mérite de la veillée de cette nuit : ceci n’est pas en contradiction avec le fait que cette prière soit inventée, tout en gardant à l’esprit que le hadith de ’Alî présente une certaine faiblesse, comme nous l’avons déjà expliqué". Fin de citation.

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Al-Hâfidh Al-’Irâqî a dit : "Le hadith relatant une prière particulière la 15ème nuit du mois de Sha’bân est inventé et n’est autre qu’un mensonge à l’égard du Prophèteصلى الله عليه وسلم. L’Imâm An-Nawawî a dit dans son oeuvre "Al-Madjmû’" : "La prière connue sous le nom de "Salât Ar-Raghâ’ib" - consistant à effectuer douze unités de prière (rak’ah) entre la prière du Maghrib et du ’Ishâ’, la nuit du premier vendredi du mois de Radjab - et la prière de la quinzième nuit de Sha’bân - consistant à effectuer cent unités de prière - sont deux innovations blâmables. Il ne faut pas être dupe du fait qu’elles aient été citées dans des livres comme "Qût Al-Qulûb" et "Ihyâ’ ’Ulûm Ad-Dîn", ni par le hadith relaté à ce propos, car tout ceci n’est que fausseté. De même qu’il ne faut pas être dupe du fait que certains Imâms - pour qui le caractère interdit de ces prières n’était pas clairement établi - aient écrit quelques pages au sujet de leur mérite, car ces Imâms se sont trompés."

En outre, l’Imâm Abû Muhammad ’Abdurrahmân ibn Ismâ’îl Al-Maqdisî a écrit un livre précieux où il réfute le caractère légal de ces deux prières de façon brillante et excellente. Les propos des savants à ce sujet sont très nombreux, et si nous avions relaté tout ce dont nous avons pris connaissance, cela aurait été très long. Nous espérons cependant que ce que nous avons cité sera suffisant et convaincant pour qui recherche la vérité.

Il apparaît donc clairement aux yeux de qui recherche la vérité, au travers des versets, des hadiths et des propos des savants cités plus haut, que la célébration de la quinzième nuit de Sha’bân au moyen de prières ou autres, et en jeûnant sa journée - spécifiquement - est une innovation blâmable chez la plupart des savants. Ceci n’a aucune source dans notre législation purifiée, et n’est apparu qu’après la génération des Compagnons, qu’Allah les agrée. Néanmoins, toute personne cherchant la vérité, concernant ce sujet ou autre, devrait se contenter de la parole suivante d’Allah - Exalté et Glorifié soit Il - en guise de preuve : "Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion " [7] et autres versets allant dans le même sens, ainsi que la parole du Prophète صلى الله عليه وسلم : "Quiconque innove dans notre religion [en y ajoutant] une chose qui n’en fait pas partie verra son innovation rejetée" [8] et autres hadiths traitant du même sujet. Nous trouvons aussi dans le recueil de hadiths authentiques de l’Imâm Muslim, d’après Abû Hurayrah - qu’Allah l’agrée - qui rapporte que le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit : [hadith]"N’accordez pas de spécifité particulière à la nuit du vendredi [9] par la prière nocturne, ni à sa journée par le jeûne, sauf dans le cas où une personne effectue un jeûne régulier [légitime]". On en déduit que s’il avait été licite d’accorder une spécifité particulière à certaines nuits par l’adoration, la nuit du Vendredi aurait été prioritaire. En effet, sa journée est décrite comme la meilleure des journées sur laquelle le soleil s’est levé, conformément aux hadiths authentiques du Prophète صلى الله عليه وسلم. Par conséquent, étant donné que le Prophète صلى الله عليه وسلم a mis en garde contre le fait d’accorder une spécifité particulière à la nuit du vendredi par la prière nocturne, on en déduit que cela est encore plus vrai pour les autres nuits. Il n’est donc pas permis d’accorder une spécificité particulière à une de ces nuits par une quelconque adoration, si ce n’est au moyen d’une preuve claire indiquant la spécifité.

Et comme il est légiféré de prier la nuit du mérite (Laylatul Qadr) et les nuits du Ramadhan tout y en multipliant les efforts d’adoration, le Prophète صلى الله عليه وسلم nous en a donc informé, a incité la communauté à passer ces nuits en prière, chose qu’il a lui-même accomplie. Ceci a été rapporté dans les deux recueils authentiques, où le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit : "Quiconque jeûne le mois de Ramadhân par foi et en espérant la récompense d’Allah verra ses péchés passés pardonnés. Et quiconque passe la nuit du mérite en prière par foi et en espérant la récompense d’Allah verra ses péchés passés pardonnés.". Ainsi, s’il avait été légal d’accorder une spécifité particulière à la quinzième nuit du mois de Sha’bân, à la nuit du premier Vendredi du mois de Radjab, ou à la nuit du Voyage Nocturne et de l’Ascension, en les célébrant ou en leur réservant des adorations particulières, le Prophète صلى الله عليه وسلم l’aurait indiqué à la communauté ou l’aurait pratiqué lui-même. Or s’il avait fait cela, les Compagnons - qu’Allah les agrée - en auraient informé la commmunauté et ne l’auraient pas dissimulé, car - après les messagers, paix et bénédictions sur eux - ils sont les meilleurs des hommes et les plus soucieux de conseiller [leurs correligionnaires]. Qu’Allah agrée les Compagnons du Prophète صلى الله عليه وسلم et leur accorde satisfaction. Tu as d’ailleurs appris à travers les propos des savants cités plus haut que rien de fiable n’a été rapporté du Prophète صلى الله عليه وسلم ni des ses Compagnons - qu’Allah les agrée - au sujet du mérite de la nuit du premier Vendredi de Radjab ou de la quinzième nuit de Sha’bân. Nous en déduisons donc que la célébration de ces nuits est une innovation inventée en Islam. Le verdict est le même concernant le fait d’accorder une spécificité particulière à ces nuits par certaines adorations : il s’agit d’une innovation blâmable. Idem pour la vingt-septième nuit de Radjab, que certaines personnes croient être la nuit du Voyage Nocturne et de l’Ascension : il n’est pas permis d’accorder une spécificté particulière à cette nuit par certaines adorations, de même qu’il n’est pas permis de la célébrer, et ce en raison des preuves citées précédemment. Et nous affirmons tout cela en faisant l’hypothèse que la date de cette nuit est connue. Mais les conclusions devraient être encore plus sévères du fait que l’avis le plus juste des savants est que la date exacte de cette nuit est inconnue ! Ceux qui affirment qu’il s’agit de la vingt-septième nuit du mois de Radjab tiennent des propos faux qui ne sont basés sur aucun hadith authentique. Et quelles belles paroles que celles prononcées par le poète qui a dit :
 

Wa khayrul umûri-s-Sâlifâtu ’alal-hudâ
wa sharrûl umûril muhdathâtul badâi’u 

 Les meilleures choses sont celles anciennes et basées sur la guidée
Et les pires choses sont les inventions innovées

C’est Allah que nous invoquons afin qu’Il nous aide ainsi que tous les musulmans à nous accrocher à la Sunnah et à nous y tenir constamment, à prendre garde à ce qui la contredit, Il est certes Magnanime et Généreux. Que la paix et la bénédiction soient sur Son serviteur et messager Muhammad, sur sa famille et tous ses Compagnons.

Voir texte original

Information

Source :
http://binbaz.org.sa
Auteur :
Cheikh Abdul’Azîz Ibn Bâz (qu’Allah lui fasse miséricorde)
Traduction :
Adel Abd Allah

Notes

[1] Sourate Al-Mâidah verset 3

[2] Sourate Ash-Shûrah verset 21

[3] Sourate An-Nisâ verset 59

[4] Sourate Ash-Shûrâ verset 10

[5] Sourate Âl-’Imrân verset 31

[6] Sourate An-Nisâ verset 65

[7] Sourate Al-Mâidah verset 3

[8] Rapporté par Bukhârî et Muslim

[9] Il s’agit de la nuit précédant le jour de Vendredi. En d’autres termes, il s’agit du Jeudi soir.